A débattre

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Une population nombreuse, atout ou handicap ?

A peine elu, le nouveau president Français, Emmanuel Macron, a fait une entrée fracassante sur la scene politique africaine. Lors de son voyage au Mali, l’homme d’Etat Français dont l’attachement a la solidarite internationale comme l’un des piliers de sa politique, avait lache une phrase assassine. « Il sera difficile d’aider l’Afrique avec des pays ou on compte huit enfants par femme ». Une phrase qui avait susciter une levée de boucliers parmi les panafricanistes indécrottables. Toutefois, après la colère et la dénonciation de « l’insulte », le recul exige une certaine lucidité. De nombreux exemples montrent qu’une population nombreuse n’est pas une malédiction. Si elle est bien formée, bien nourrie et bien sécurisée, elle peut constituer un atout économique majeure. Elle peut incarner un génie qui créee des richesses en amont, et les consomme en aval.

Des lors, faudrait-il 800 milliards de dollars de budget pour l’éducation, la santé et la sécurité intérieure en RDC afin d’avoir une population économiquement rentable ?

La RDC a besoin d’une population bien formée, en bonne santé et bien sécurisée.

Pour y arriver l’Etat devrait investir 800 milliards de dollars dans ces trois secteurs clefs. C’est à cette condition que le pays sera competitif dans une économie globale et mondialisée.

Pour un budget de $426 milliards, cette année l’Australie investit $42 milliards dans l’éducation, 7 milliards dans la santé et 133 milliards dans la sécurité nationale. Cela fait un total de $180 milliards rien que pour ces trois rubriques. La population australienne est de 24 millions. Alors, pour trouver un chiffre qui conviendrait a la taille de la population congolaise, nous avons multiplié ce chiffre à quatre. Donc, il faudrait environs 800 milliards de dollars pour couvrir les besoins du pays dans ces domaines. Car la population congolaise est la premiere richesse du pays. Elle peut être créatrice de richesses et consommatrice en  même temps de part sa taille.

Certes, on me dira qu’il ne faut pas comparer la RDC à l’Australie. Soit. Mais, Joseph Kabila et ses ministres comparent souvent. Lors d’une conférence de presse en 2010, Joseph Kabila repondait à un journaliste qui voulait savoir à quand le gouvernement allait augmenter les salaires des fonctionnaires. En réponse, le president a déclaré: “Il ya la crise partout, aux USA, en Europe, au Canada… il faut suivre l’actualité”. Or, En 2015, les USA ont créé 235.000 emplois nets par mois, puisque le gouvernement americain investit beaucoup d’argent dans la recherche et l’éducation. En retour, les citoyens excellent dans l’innovation et la création d’emplois. Récemment, Lambert Mende, ministre des médias, à une question sur les massacres répetés de Beni, il a repondu: “Le terrorisme sevit partout dans le monde, en France, aux Etats-Unis d’Amerique…” D’ou, si les autorités se plaisent à comparer pour justifier leurs faiblesses, il n’est pas interdit à un citoyen d’utiliser la même  figure de style: La comparaison.

Au cours de cinq dernières années, 75% des Congolais, ont vécu en dessous du seuil de pauvreté selon les différents rapports sur le développement humain qui prennent en compte l’accès à l’éducation et aux soins de santé, et à la sécurité. Pourtant, la RDC est qualifiée de scandale géologique du fait de l’abondance de ses richesses naturelles. Sans contester,  il n’y aurait pas meilleure richesse pour la RDC que sa population. Environs 80 millions d’individus en raison de 70 millions dans le pays et 10 millions dans la diaspora constitue, en eux mêmes, une véritable opportunité s’ils étaient gérées de manière rationnelle. Une population nombreuse constituerait un redoutable moteur de développement. Elle créée des richesses en amont et les consomme en aval. Un véritable marché dans toutes les acceptions du terme. A cause de mauvaises conditions d’existence, les Congolais traversent la frontière chaque jour à la recherche du mieux-être ailleurs. En 2012, selon une source policière sud-africaine, 500 mille Congolais ont élu domicile en Afrique du Sud souvent dans des conditions de précarité sans précédent. En 1999, rien qu’a Paris, une note interne du ministère de l’Intérieur avait recense? prés de 20.000 Congolais dont la moitié était sans emplois. Selon plusieurs sources concordantes, environs 2 millions sur les 4 millions d’habitants du Congo Brazzaville seraient ressortissants de la RDC. Tous ces chiffres vont crescendo.

Débat proposé par Eric Mwamba et Gaspard Hubert Lonsi Koko, un débat auquel vous pouvez librement prendre part. Comment les plus de 70 millions de congolais peuvent-ils participer au renforcement du budget national.

 Des lors, le leadership congolais devra être conscient de l’importance capitale d’investir dans l’être humain. Et de faire confiance en son génie. L’un des impératifs consisterait à améliorer les conditions intellectuelles et matérielles des salariés – fussent-ils instituteurs, fonctionnaires, auxiliaires, manœuvres ou cadres, médecins ou infirmiers, cordonniers ou domestiques... Mais aussi encadrer le secteur informel qui represente pres de 90% de l’economie nationale active.

Pays immensément riche, la République Démocratique du Congo est qualifiée de scandale géologique. Mais ses richesses ne contribuent en rien à l’épanouissement de ce géant aux pieds d’argile, dont la situation géostratégique constitue pourtant un atout considérable en vue de son rayonnement politique et de son décollage économique.

Pourquoi la République Démocratique du Congo peine-t-elle à devenir une incontournable puissance régionale ou continentale ? En tout cas, ce pays a du mal à s’affirmer sur les plans politique et économique. Cela est dû avant tout à l’incapacité de ses dirigeants et de son élite à impulser une nouvelle dynamique susceptible de mettre définitivement un terme à l’insécurité, qui y règne, et à miser sur l’intelligence humaine.

Le pari de l’intelligence humaine

La mission primordiale d’un État républicain consiste à lutter de manière efficace contre les phénomènes socio-culturels d’exclusion, d’analphabétisme et de décrochage scolaire. Raison pour laquelle le budget de l’Éducation nationale devra revaloriser l’école primaire ainsi que l’enseignement secondaire, professionnel et technique. À cet effet, il permettra à la jeunesse congolaise d’être mieux outillée, d’affronter en toute aisance les grands défis du troisième millénaire dans le cadre du numérique et de la mondialisation marchande.

Il faudra agir pour et en faveur d’une école qui puisse assurer l’égalité réelle des réussites et donner à tous les enfants de la République l’opportunité de se former dans l’espoir de bénéficier un jour d’un métier durable. Dans cette intention, l’enseignement devra être adapté à la fois aux réalités du moment et aux besoins de chaque secteur – l’objectif étant de renforcer la formation professionnelle. À propos des filières techniques ou agricoles, il faudra instaurer un système alterné alliant cours théoriques dans l’établissement scolaire et stages pratiques en entreprise. « L’éducation est pour les gens heureux une parure, pour les malheureux un refuge. » Cette excellente citation du philosophe grec Démocrite d’Abdère ne peut qu’inciter à militer davantage pour l’égalité de tous les Congolais.

La classe politique congolaise devra être consciente de l’importance capitale d’investir dans l’être humain, de faire confiance au génie congolais. De plus, il est plus que jamais nécessaire de réorganiser les universités publiques en unités d’enseignement et de recherche (UER), ainsi qu’en unités de formation et de recherche (UFR). Cela permettra de mieux renforcer leur rôle pédagogique et de justifier davantage leur utilité pour la société. Cette classe politique devra enfin comprendre que l’autonomie du peuple congolais sera surtout fonction du savoir-faire. En conséquence, d’une part, tout contrat avec les partenaires étrangers devra être systématiquement conditionné par le transfert de techniques et de technologie. D’autre part, un partenariat avec les institutions éducatives et les centres locaux de recherches (CLR) devra être obligatoire pour que le transfert de compétences soit durable et aide à la construction du système éducatif tout en jouant, au niveau local, un rôle d’appui à la recherche et au développement (R&D). Le secteur de la recherche et du développement devra permettre aux entreprises, aux universités et aux écoles supérieures d’unir leurs efforts afin de répondre aux besoins essentiels de la société. Le rôle de l’État devra consister, de ce fait, à favoriser une telle collaboration, bénéfique à la collectivité publique, par des incitatifs financiers et fiscaux.

Mérites,  compétence, égalite des chances

 

Certes, ne cessait de rappeler judicieusement François Mitterrand, « l’égalité n’est jamais acquise ; c’est toujours un combat ». Vouloir l’équité, c’est concevoir l’avenir du peuple congolais à travers le renouveau du dialogue et une réelle démocratie sociale. Bien entendu, il faudra matérialiser le principe d’égalité des sexes, inscrit dans la Constitution du 18 février 2006 telle que modifié par la loi numero 11/002 du20 janvier 2011 , portant révision des certains articles de la constitution de la RDC, dans la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que dans la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 . Il faudra donc rendre effective l’égalité de tous les Congolais, selon le mérite et la compétence, dans la gestion de la chose publique et dans la représentativité politique. Pour doter tous les enfants d’acquis vitaux à leur avenir, la France a rendu l’école obligatoire. Ce pays a opté pour la gratuité de l’école publique, dans l’optique d’inculquer aux futurs citoyens les fondamentaux idoines et de permettre l'égalité des chances.

La confiance entre les gouvernants et les administrés ne pourra que consolider la cohésion nationale, facteur indispensable au patriotisme et aux valeurs républicaines, ainsi qu’à l’investissement. L’école de la République devra faire évoluer les mentalités en vue du sens critique et civique, de la diversité idéologique et de l’esprit d’émulation. C’est ainsi que la démocratie deviendra une réalité, que l’on parviendra à la stabilité sociale et à l’expansion de l’économie nationale.

L’apport de la diaspora congolaise

 

Il est évident que l’on doit considérer les 70 millions des Congolais comme le premier facteur du développement culturel et socio-économique, ainsi que du progrès politique. Il faudra penser aux choix pratiques, au profit de la République Démocratique du Congo, par rapport au patriotisme et aux actions politiques, aux apports culturels et socio-économiques des Congolais de l’étranger. Au-delà de l’approche politique au regard de la diaspora, il faudra avoir à l’esprit les initiatives que celle-ci peut impulser de manière efficace par son implication. Le fait de relever les faiblesses dans les relations entre la diaspora et le gouvernement permettra de valoriser et de matérialiser davantage les atouts susceptibles de contribuer à l’émergence d’une République Démocratique du Congo solide, sur le plan étatique, et performante du point de vue socio-économique.

Pour assurer son développement économique, la République Démocratique du Congo aura besoin d’attirer les investisseurs. Or, du fait du nombre et de l’apport des Congolais vivant hors des frontières nationales, le pays pourrait bénéficier d’une manne financière aussi importante que celle que pourraient apporter les investisseurs étranger Ainsi faudra-t-il élaborer un plan stratégique afin de faciliter les démarches aux entrepreneurs de la diaspora, d’autant plus que les transferts de fonds des Congolais de l’étranger sont cent fois supérieurs à l’aide publique au développement, ou à l’investissement public.

Pour assurer son développement économique, la République Démocratique du Congo aura besoin d’attirer les investisseurs. Or, du fait du nombre et de l’apport des Congolais vivant hors des frontières nationales, le pays pourrait bénéficier d’une manne financière aussi importante que celle que pourraient apporter les investisseurs étrangers Ainsi faudra-t-il élaborer un plan stratégique afin de faciliter les démarches aux entrepreneurs de la diaspora, d’autant plus que les transferts de fonds des Congolais de l’étranger sont cent fois supérieurs à l’aide publique au développement, ou à l’investissement public.

Pour assurer son développement économique, la République Démocratique du Congo aura besoin d’attirer les investisseurs. Or, du fait du nombre et de l’apport des Congolais vivant hors des frontières nationales, le pays pourrait bénéficier d’une manne financière aussi importante que celle que pourraient apporter les investisseurs étrangers. Ainsi faudra-t-il élaborer un plan stratégique afin de faciliter les démarches aux entrepreneurs de la diaspora, d’autant plus que les transferts de fonds des Congolais de l’étranger sont cent fois supérieurs à l’aide publique au développement, ou à l’investissement public.

Une réelle volonté politique devra faire en sorte que les transactions financières des Congolais de la diaspora ne se limitent pas aux seuls besoins familiaux. Effectivement, il va falloir que cette manne financière et d’autres compétences de la diaspora puissent aussi contribuer, de manière directe et positive, au développement économique. Dans cette optique, la Banque centrale du Congo devra installer davantage de succursales dans les pays d’immigration, ou alors passer des accords avec des structures comme Western Union, et tant d’autres, pour baisser les frais des opérations financières.

La sécurité, le pouvoir d’achat et le développement des infrastructures

 

La diminution de la production agricole est liée à l’insécurité, aux multiples problèmes dans l’écoulement des produits du fait du gel de la navigation fluviale, à l’absence des routes de desserte agricole, ainsi qu’à la guerre. Elle accentue la carence alimentaire des villes et l’appauvrissement des campagnes. Bien que l’aggravation de la pauvreté soit très généralisée, de nombreuses portions du territoire, enclavées et/ou insécurisées, connaissent des situations davantage dramatiques. Les populations déplacées y sont sans cesse vulnérables. La situation de guerre et la débâcle de l’administration amplifient de facto une crise économique sans précédent. Mise à part l’exploitation illégale des ressources naturelles, les exportations sont fortement réduites en raison de l’insécurité, des difficultés d’accès aux infrastructures de transport et de leur délabrement général.

Concernant les investissements, le gouvernement devra assurer la sécurité des populations, afin qu’aucun élément ne vienne troubler l’ordre et la tranquillité propices à la promotion et à l’intensification des échanges commerciaux intra-territoriaux, à la circulation des biens et des personnes, ainsi que des capitaux et des services. Ainsi faudra-t-il initier une réforme profonde visant à assainir le climat des affaires. Il est impérativement souhaitable d’asseoir un environnement propice à la reconstruction et au développement ou alors, plus en amont, à la prévention des crises et des conflits.

Pour impulser le développement tous azimuts de la République Démocratique du Congo et garantir l’essor de son économie, ainsi que l’emploi aux populations congolaises, l’action gouvernementale devra s’articuler autour de grands chantiers publics ou travaux d’infrastructures. Ainsi faudra-t-il encourager la création de petites et moyennes entreprises, notamment dans le secteur informel. Il sera indispensable d’agir, à très court terme, dans le sens de la valorisation du travail dans le territoire national et de la création d’emplois aussi bien dans le réseau privé que dans les secteurs publics étatique, hospitalier, territorial, communal... L’objectif doit consister à améliorer les conditions intellectuelles et matérielles des salariés – fussent-ils instituteurs, fonctionnaires, auxiliaires, manœuvres ou cadres, médecins ou infirmiers, cordonniers ou domestiques...

L’inflation devra être maîtrisée, grâce à la rigueur dans la gestion de la chose publique et à un salaire décent, conformément à l’accord de Mbudi. On doit faire en sorte que les Congolais puissent avoir aisément accès aux biens de consommation. De ce fait, les bas salaires et les retraites devront être revalorisés, car il va falloir soutenir la consommation des produits nationaux et, plus généralement, la demande. Voilà pourquoi on ne pourra échapper à l’adoption d’un salaire minimum congolais qui sera calculé sur le coût de la vie. Il sera indispensable de mettre en place un Bureau d’études ouvrières (BEO), qui prendra en compte l’évolution de prix des produits réellement consommés par les travailleurs. Ainsi, en dopant le rapport entre l’offre et la demande, le pouvoir d’achat des Congolais favorisera-t-il la croissance économique.

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